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juin 2006

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La montagne accouche d’une souris

3ème partie
Depuis que Jack Nilles invente le terme pour désigner le travail à distance en 1973 on s’est préoccupé du manque de législation. Après plus de 25 ans, la Commission Européenne publia le document tant attendu. La montagne accouchait d’une souris! En effet cette directive ne faisait que recueillir l’essence de milliers d’accords intervenus entre temps et en absence de toute législation spécifique, entre entreprises et syndicats, tous basés sur le bon sens et sur à peu près les mêmes points : Possibilité de retourner au travail de bureau en cas de manque d’adaptation, prise en charge par l’entreprise des coûts de télécommunications, attention aux aspects ergonomiques du poste de travail à domicile, contacts réguliers avec les collègues et l’entreprise pour éviter l’isolement et enfin les fameuses discussions sur la nouvelle définition de l’accident de travail. Ce dernier point particulièrement chère aux cabinets d’avocats.

Bref, alors que les distributeurs, les vendeurs, de nombreux techniciens, les agents d’entretient et bien d’autres professions travaillaient depuis toujours hors du bureau ou de l’usine, le télétravail semblait devoir constituer un cas particulier durant des années. Peut être cela était il dû au fait que ce concept était artificiel et transitoire.

Aujourd’hui on constate que la manière de travailler et le contenu du travail ainsi que la formation ont tous évolués en fonction des nouveaux moyens mis à disposition de la société. La notion de l’espace global de travail permet de comprendre le phénomène dans toute son ampleur. La vision réductive du télétravail consiste à projeter les concepts du passé dans un environnement qui n'a plus grand chose à voir avec l’époque où les normes du travail de bureau ont été crées.

Il es frappant de voir à quel point le vrai télétravail, celui qui se réalise partout en même temps grâce au réseau, a transformé l’entourage même de l’entreprise et le design de ses installations. Ce qui implique un effet de boomerang de ce télétravail-qui-revient-au-bureau.

Les nouveaux modes de travail

2ème partie

En fin de compte, si on observe les profondes transformations des modes de travail qui se manifeste avec l’usage intelligent des TICs on doit admettre que tout ce qui est commun à un travailleur à domicile et à un travailleur au bureau est bien plus important que ce qui les différencie.De là que cette obsession qui nous pousse à définir le télétravail en relation avec l’endroit ou il s’effectue, et à rechercher des statistiques de “télétravailleurs selon ce critère, nous fait ignorer le phénomène important de la transformation de l’économie et de l’organisation sociale en relation avec l’emplois: la réintégration des tâches individuelles en processus, le travail collaboratif en réseau, l’obsolescence des définitions métiers et postes de travail et surtout la nécessité de rémunérer des solutions et non pas des heures de présence.

Tout cela caractérise les nouveaux modes de travail qui sont infiniment plus indicatifs du changement que le simple fait de faire la même chose qu’avant mais depuis un endroit distinct.On peut donc dire en toute tranquillité que le télétravail se pratique tant chez soi qu’au bureau ou en déplacement. Cela était déjà évident en 1995 quant je participait à l’observatoire « European Telework Development ». Sans même considérer les TICs, avec le téléphone mobile, le télétravail s’introduisait déjà subrepticement dans les bureaux et la somme des heures passées à téléphoner de n’importe où pour le travail représentaient l’équivalent de plus de télétravailleurs, selon la définition officielle, qu’il n’en ait jamais existé.<>

Les discussions sans fin qui continuent au sujet de la législation du télétravail n’ont souvent guère de sens. Ce sont plus tôt des élucubrations du genre du sexe des anges. Car si nous sommes dans la société de la connaissance, chercher à définir si l’accident a lieu durant les heures et dans la pièce réservée au travail à domicile, ou ailleurs dans la maison, ne font que perpétuer le modèle des heures de présences et du fichage horaire. 

Toute personne adulte qui effectue un travail intelligent résout de nombreux problèmes de travail à n’importe quelle heure du jour ou même de la nuit, et si elle glisse sur le savon dans la douche tout en pensant comment aborder un client ou présenter un rapport le lendemain, pourquoi n’aurait elle pas droit à l’assurance?

Ce problème de l’accident de travail à domicile souvent traité est seulement un exemple. Au lieu de parler d’inspections et de déclarations compliquées et sujettes à des litiges, ne serait-il pas plus simple de créer une police d’assurance « travail et vie privée » a couverture 24 heures sur 24 dont l’entreprise payerait une partie et l’employé payerait le reste?
(a suivre)

Réflexions sur le Télétravail

 La fixation (première partie)

Ce qui semble avoir attiré l’attention sur le phénomène du télétravail c’est bien le fait de pouvoir travailler chez soi, c’est-à-dire d’un lieu autre que le bureau.

Cette condition toujours présente dans les définitions acceptées pour le Télétravail est l’objet de profondes discussions sur les conséquences du travail à domicile. Figés dans ce débat, on à perdu de vue l’élément important: Si je peux faire depuis un endroit distinct, ce que je faisais autrefois au bureau, je pourrai le faire non seulement à partir de cet endroit distinct, mais aussi vers un lieu ou des lieux différents. Cet aspect est tout aussi valable pour le travail de bureau que pour le travail à domicile et il constitue la part importante que les TICs ont apportée à la profonde modification du travail.

Cette simple réflexion nous montre que notre aveuglement et notre obsession quant au lieu de travail nous a empêché de voir que la véritable transformation du travail flexible et à distance, ou de ce que l’on appelle les nouvelles modalités de travail, réside dans l’ubiquité du travailleur ou de son esprit en relation avec les lieux réels ou virtuels où il réalise un grande part de son travail, comme par exemple lorsqu’il se déplace à grande vitesse dans la bibliothèque universelle de la toile, ou sur les pages de clients et de fournisseurs du monde entier. 

Ce qui faisait dire à mon ami Paolo Manzelli de l’Université de Florence que la chose importante est de déplacer les esprits, pas les corps. 

Il n’existe que deux collectifs pour qui le fait de pouvoir travailler au domicile ou à partir d’un lieu fixe est un élément indispensable. Les gents âgés et les handicapés (nous le devenons tous un jour comme l’atteste les 80 millions de personnes âgées de l’Union européenne) et les travailleurs du milieu rural ou femmes au foyer.

De fait, pouvoir travailler chez soi élimine toutes les barrières physiques pour les handicapés et pour tous ceux qui ne peuvent se déplacer aisément, soit à cause de la distance, soit à cause d’autres obligations telles que l’assistance à des personnes âgées ou la responsabilité des enfants.
(à suivre)