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juin 2006

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Loi DADVSI

Ce projet de loi (Droits d'auteurs et droits voisins dans la société de l'information) fait suite à l’énorme bévue de Sony. On se rappelle que cette société autre fois légendaire pour se créativité, a récemment vu son image ternie auprès de millions d’internautes suite à l’insertion d’un logiciel dans des CD sensé protéger les contenus, lequel logiciel s’installait sur le PC de l’utilisateur sans sa connaissance.

La nouvelle, reproduite instantanément dans la Blogosphère a coûté à SONY BMG une partie de son goodwill en même temps qu’une fortune en rappel de ces CD et en baisse de ventes. En outre Sony BMG a reçu le prestigieux prix « I am with stupid » décerné par Robert X. Cringley, prix destiné à la plus grande stupidité de l’année.

Avec la loi DADVSI il semblerait que certains membres du gouvernement continuent à ignorer le coût, politique cette fois, de méconnaître les nouvelles réalités de la société de l’information ainsi que les ajustements nécessaires quant aux mesures concernant la reproduction instantanée, les logiciels libres, le P2P et la protection des droits d’auteurs.

Les menaces de sanctions graves face aux nouvelles données du problème de la transmission des connaissances et des contenus sur Internet ne feront qu’inciter les citoyens à la désobéissance civile, si la question n’est pas traitée en profondeur et après un débat avec tous les intéressés et pas seulement sous la pression de grands lobbys.

Les réactions ne se sont pas fait attendre et le site eucd.info a recueilli en quelques jours plus de 130.000 signatures pour une pétition concernant cette loi malencontreuse.

En ce qui concerne la perte progressive de nos libertés, suite au changement de paradigme que les gouvernants se refusent à approfondir dans toutes ses conséquences positives ou négatives, (Réchauffement global, Terrorisme, Piraterie Informatique, Réappropriation de l’information par les particuliers, Manifestations de masse contre les mesures prises par L’OMC ou le FMI et la Banque Mondiale etc.) ceux qui ne se sentent pas encore concernés feraient bien de se souvenir du poème attribué à Martin Niemöller :

First they came for the communists, and I did not speak out—
because I was not a communist;
Then they came for the socialists, and I did not speak out—
because I was not a socialist;
Then they came for the trade unionists, and I did not speak out—
because I was not a trade unionist;
Then they came for the Jews, and I did not speak out—
because I was not a Jew;
Then they came for me—
and there was no one left to speak out.

Hong Kong, OMC et PAC

La politique agricole

Via Campesina    qui représente les petits agriculteurs alter mondialistes conclut, au terme de la réunion de Hong Kong, que la politique de l’OMC est un échec, et que cette organisation ne permet pas le dialogue démocratique. Plus de 1000 manifestants représentants les petites exploitations familiales de nombreux pays ont été arrêtés au cours d’une manifestation pacifique, ce qui fait dire aux organisateurs que l’Organisation Mondiale du Commerce a besoin de moyens forts pour continuer son œuvre de destruction sociale, loin de tout débat public.

Le problème de fond de l’industrialisation de l’agriculture n’est pas celui de la productivité et des coûts. On sait par ailleurs que les subventions à l’agriculture vont en majorité aux grandes exploitations et que quelques multinationales contrôlent déjà le 80% de la distribution de denrées de base telles que le blé, le riz, le soja ou le coton. La disparition progressive de millions d’exploitations familiales avec la réduction de l’emploi dans le secteur agricole, présentée depuis des décennies comme la tendance inévitable du progrès et du développement, ne serait-elle pas une de ces prophéties qui s’auto accomplissent (self fulfilling prophecies) plus tôt qu’un fait dans la nature des choses?

À tant se convaincre que la réduction de la participation de la population active dans l’agriculture d’abord, dans l’industrie ensuite, était signe de progrès dans les pays développés, on a peut être jeté le bébé avec l’eau du bain. Les problèmes de la vache folle, des poulets à la dioxine et aux hormones, ainsi que les épidémies qui exigent de sacrifier des milliards de volailles ou de porcs dans les élevages intensifs sont, au même titre que les problèmes de l’usage massif des insecticides et des engrais chimiques, à mettre sur le compte de l’absurdité de vouloir ramener la nature à une autre activité industrielle.

Mais au delà de la disparition de ces petites exploitations qui affecte tout une économie complémentaire locale ainsi que le maintien du milieu naturel (biodiversité), ne perd–t-on pas également du lien social dont la valeur n’entre jamais dans nos systèmes comptables ? (Ces « externalités » et de plus « intangibles »)

Cathy Reilly, une journaliste du site HappyNews raconte comment, suite au décès accidentel du père de famille d’une ferme de l’Ohio, une quarantaine d’agriculteurs voisins sont venus avec leur matériel pour faire la récolte du maïs dont la subsistance de cette famille dépendait.

Ce qui donne à penser, c’est le commentaire du frère du mort, ex-homme d’affaires qui observe que les gens qui ne connaissent pas le mode de vie de la paysannerie peuvent être surpris par cette solidarité qui fait partie de l’éthique de vie et de travail de ces régions. Ayant grandi lui-même dans ce milieu il se souvient des liens étroits de ces communautés :

“ Les liens au sein du groupe tels que les objectifs et valeurs partagées sont le tissu d’une communauté prospère. En tant que nation, certains problèmes dans nos cités sont à mettre au compte de la disparition de ces liens; mais pour ceux qui vivent dans les zones urbaines, et qui ne connaissent souvent pas le prénom de leurs voisins de palier, cette histoire est bien surprenante. C’est un parfait exemple de la théorie du capital social dont la valeur n’a guère changé dans ces communautés d’agriculteurs ajoute–t-il”

À méditer au vu des récents troubles dans les cités. (Voir également le site des AMAP)