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juin 2006

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Hong Kong, OMC et PAC

La politique agricole

Via Campesina    qui représente les petits agriculteurs alter mondialistes conclut, au terme de la réunion de Hong Kong, que la politique de l’OMC est un échec, et que cette organisation ne permet pas le dialogue démocratique. Plus de 1000 manifestants représentants les petites exploitations familiales de nombreux pays ont été arrêtés au cours d’une manifestation pacifique, ce qui fait dire aux organisateurs que l’Organisation Mondiale du Commerce a besoin de moyens forts pour continuer son œuvre de destruction sociale, loin de tout débat public.

Le problème de fond de l’industrialisation de l’agriculture n’est pas celui de la productivité et des coûts. On sait par ailleurs que les subventions à l’agriculture vont en majorité aux grandes exploitations et que quelques multinationales contrôlent déjà le 80% de la distribution de denrées de base telles que le blé, le riz, le soja ou le coton. La disparition progressive de millions d’exploitations familiales avec la réduction de l’emploi dans le secteur agricole, présentée depuis des décennies comme la tendance inévitable du progrès et du développement, ne serait-elle pas une de ces prophéties qui s’auto accomplissent (self fulfilling prophecies) plus tôt qu’un fait dans la nature des choses?

À tant se convaincre que la réduction de la participation de la population active dans l’agriculture d’abord, dans l’industrie ensuite, était signe de progrès dans les pays développés, on a peut être jeté le bébé avec l’eau du bain. Les problèmes de la vache folle, des poulets à la dioxine et aux hormones, ainsi que les épidémies qui exigent de sacrifier des milliards de volailles ou de porcs dans les élevages intensifs sont, au même titre que les problèmes de l’usage massif des insecticides et des engrais chimiques, à mettre sur le compte de l’absurdité de vouloir ramener la nature à une autre activité industrielle.

Mais au delà de la disparition de ces petites exploitations qui affecte tout une économie complémentaire locale ainsi que le maintien du milieu naturel (biodiversité), ne perd–t-on pas également du lien social dont la valeur n’entre jamais dans nos systèmes comptables ? (Ces « externalités » et de plus « intangibles »)

Cathy Reilly, une journaliste du site HappyNews raconte comment, suite au décès accidentel du père de famille d’une ferme de l’Ohio, une quarantaine d’agriculteurs voisins sont venus avec leur matériel pour faire la récolte du maïs dont la subsistance de cette famille dépendait.

Ce qui donne à penser, c’est le commentaire du frère du mort, ex-homme d’affaires qui observe que les gens qui ne connaissent pas le mode de vie de la paysannerie peuvent être surpris par cette solidarité qui fait partie de l’éthique de vie et de travail de ces régions. Ayant grandi lui-même dans ce milieu il se souvient des liens étroits de ces communautés :

“ Les liens au sein du groupe tels que les objectifs et valeurs partagées sont le tissu d’une communauté prospère. En tant que nation, certains problèmes dans nos cités sont à mettre au compte de la disparition de ces liens; mais pour ceux qui vivent dans les zones urbaines, et qui ne connaissent souvent pas le prénom de leurs voisins de palier, cette histoire est bien surprenante. C’est un parfait exemple de la théorie du capital social dont la valeur n’a guère changé dans ces communautés d’agriculteurs ajoute–t-il”

À méditer au vu des récents troubles dans les cités. (Voir également le site des AMAP)

 

 

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Voici les sites qui parlent de Hong Kong, OMC et PAC:

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