Ils contredisent
la tendance qui voudrait opposer l'Islam au monde occidental sous le prétexte
du fondamentalisme religieux de celui-ci face à la tolérance de nos démocraties. Le premier livre que je relis après un an et demi est publié par l'Harmattan,
auteur Marc Luyckx Ghisi, préface de Ylia Prigogine. Il est absolument
d'actualité.
Il s'agit d'une
enquête menée par ce penseur, docteur en théologie et ex membre de la Cellule de prospective de
jacques Delors.
Dans "AU-DELÀ
DE LA MODERNITÉ,
DU PATRIARCAT ET DU CAPITALISME", l'auteur explique en des termes très
simples et avec des tableaux comparatifs les changements de paradigme. Il parle
de la pré-modernité, de la modernité et de la trans-modernité qu'il préfère au
terme de post-modernité.
Au cours de la
rédaction d'un rapport pour la
Commission européenne sous la direction de Ricardo Petrella
(Programme FAST) intitulé "Les religions face à la science et la
technologie, Églises et éthiques après Prométhée", Marc Luyckx explique que, partant de la notion
généralisée des différences fondamentales entre les grandes religions,
catholicisme, protestantisme, judaïsme, islam et les humanistes, son postulat
de départ s'effondre à mi chemin.
Les différences
entre ces religions sont moins importantes que les différences
d'interprétations au sein même de chacune d'elle. Ceci amène l'auteur à
postuler et appliquer pour la première fois aux religions l'approche d'un
changement de paradigme horizontal et commun à chacune d'elles.
Il cite de
nombreux exemples de fondamentalisme tant chez les catholiques que les
protestants, juifs ou musulmans mais aussi de nombreux exemples de tolérance
et de désaccord sur les mêmes thèmes dans chaque communauté religieuse.
Bref ce que l'on
voudrait nous faire croire au sujet d'une lutte entre religions ne correspond
pas aux douleurs de la naissance du nouveau paradigme qui les affecte toutes
également. Ce livre est clair écrit pour tous les lecteurs concernés par les
nouvelles guerres de religion que l'on tente de justifier sur la base des
croyances de ces différentes cultures.
Le deuxième livre
touche un aspect particulier de ce danger, le terrorisme suicide imputé à la
religion islamique. L'auteur Robert A. Pape est professeur associé de Science
politique à l'université de Chicago. Il analyse tous les actes de terrorisme
avec suicide et démontre, statistiques à l'appui, que les causes sont bien plus politiques que
religieuses et certainement pas la conséquence que l'on attribue aux "fous de dieux" islamistes. Las
Tamils du Sri Lanka ne sont pas musulmans et une majorité d'actes
terroristes suicides liés aux problèmes du proche orient sont le fait de
mouvement laïques. Robert Pape démontre aussi que dans pratiquement tous ces
cas la cause principale est toujours, soit l'occupation d'un territoire par une
puissance étrangère, soit la revendication de l'indépendance d'un territoire par
une majorité ethnique d'habitants.
"DYING TO
WIN" analyse les stratégies de cette forme de terrorisme et prévoit une
généralisation dans d'autres cas d'occupation de territoires par des puissances
étrangères bien supérieure en armement. Une simple analyse des résultats de ces
stratégies obtenues par des mouvements plus politiques que religieux conduit
les idéologues et chefs de guerre à adopter les attaques suicides qu'aucune
occupation de territoire ne saurait éviter ni réduire, bien au contraire n'en
déplaise à Tony Blair et à George Bush.
La leçon que j'en tire est qu'il serait bien dangereux de simplifier ces problèmes en mettant très superficiellement tout sur le compte de phénomènes d'origines religieuses et de confrontation entre grandes civilisations. Rappelons que des jeunes stratèges du Département de la défense Américain s'opposent aux guerres de territoires (en tant que guerres de troisième génération), inutiles ou même à effet contraire pour lutter contre des stratégies de quatrième génération qui sont celles que développent des stratèges de la guerrilla et du terrorisme.
Terrorisme pour les nuls:Dans un monde orwellien où les puissants prétendent agir au nom de la “démocratie” et des “droits de l’homme”, où la mise en condition de la population est permanente, et où l’on peut faire croire n’importe quoi à n’importe qui, dès lors qu’on dispose des médias, l’histoire remet rarement les choses en place. Pour un Nelson Mandela réhabilité de toute accusation de terrorisme, combien d’autres conservent cette estampille infamante, à commencer par Yasser Arafat.Les gouvernements et leurs appareils ne se contentent pas de combattre la dissidence verbalement. Ils interviennent depuis longtemps sur le terrain, chez eux et à l’étranger : mise en place ou infiltration de groupes terroristes, préparation et organisation d’attentats, provocation, désinformation… Un des exemples les plus évidents et les plus “réussis” de manipulation est sans doute celui des Brigades rouges italiennes dans les années 1970-1980. Les services secrets italiens, épaulés par les Américains, réussirent alors à placer un de leurs hommes à la tête de l’organisation clandestine et purent ainsi télécommander diverses actions, dont l’enlèvement et l’assassinat d’Aldo Moro, un homme politique de droite jugé “trop mou”. Depuis, la tactique italienne a souvent été copiée un peu partout dans le monde. (Lire ici Types of Terrorism and 9/11 par George Pumphrey.) Lire “Nos belles années de plomb” de Gabriele Adinolfi.Aux Pays-Bas, en 1970, le service de renseignement BVD alla même jusqu’à créer de toutes pièces un parti “marxiste-léniniste maoïste” (le MLPN) afin d’infiltrer les milieux “pro-chinois” que l’on croyait violents et manipulés par Pékin (en fait Mao se fichait éperdument des gauchistes hollandais). L’épisode du MLPN a été rendu public trente ans plus tard par un des responsables, mais parallèlement des douzaines d’autres cas similaires en Europe occidentale sont plus ou moins restés dans l’ombre. Le dessous des cartes est rarement dévoilé au grand public. Avec l’aide de la presse, les responsables veillent à ce que rien ne transparaisse. Le journaliste digne de ce nom, celui pour qui l’investigation sérieuse et la mise en cause des idées toutes faites sont des objectifs permanents, est une espèce en voie de disparition.Dans ces conditions, les services secrets peuvent se permettre d’exagérer à dessein l’importance d’organisations occultes existantes, organisations qu’ils ont parfois eux-mêmes contribué à créer (Al-Quaïda, par exemple); ou de “ressusciter” des groupes disparus depuis longtemps (Brigades rouges italiennes ou Sentier lumineux péruvien); ou encore de créer de toutes pièces une “nouvelle génération” terroriste (RAF allemande). Américains et Israéliens sont sans doute les plus actifs et les plus imaginatifs en matière de manipulation, même si leurs trouvailles sont souvent cousues de fil blanc.A titre d’exemple, lire ici deux articles de Joe Vialls sur les attentats de Bali (octobre 2002) et du Kenya (novembre 2002). La procédure employée un an plus tard à Istanbul n’est pas très différente (traduction d’un article paru dans le journal turc Yeni Safak à propos du rôle joué par les services secrets américains, britanniques et israéliens dans la manipulation des groupuscules terroristes islamistes et dans les attentats “antisémites” perpétrés dans cette ville). Depuis le 11 septembre, cette forme de manipulation tend à devenir systématique.Fin 2002, on apprend aussi que le Shinbet (police secrète israélienne) recrute des Palestiniens afin de former une “cellule locale d’Al-Qaïda”*. Rien de bien nouveau dans cette démarche, quand on sait que les services de l’Etat juif ont toujours manipulé les islamistes. Vingt ans plus tôt, Menahem Begin (tueur de l’Irgoun devenu premier ministre du Likoud) soutenait et encourageait la création du Hamas palestinien, dans le seul but d’affaiblir Arafat et les forces de gauche de l’OLP. A Tel Aviv comme à Washington, les gouvernants adorent jouer avec le feu, quitte à pousser des cris lorsque leurs créatures s’émancipent. ce régime (Khmers rouges) terroriste put se maintenir au pouvoir pendant plus de quatre ans grâce au soutien conjugué de la Chine et des Etats-Unis.
http://ca.altermedia.info/international/faq-terrorisme-pour-les-nuls_2129.html
Rédigé par: Islamoconfucianiste | janvier 26, 2009 à 04:13 AM