Le dilemme du Prisonnier et les Sels
Ce voyage en train m'a également permis d'attaquer le livre "In the Bubble" de John Thackara. Ce sera l'objet d'une prochaine note sur mon parcours de recherche.
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Le dilemme du Prisonnier et les Sels
Ce voyage en train m'a également permis d'attaquer le livre "In the Bubble" de John Thackara. Ce sera l'objet d'une prochaine note sur mon parcours de recherche.
juin 30, 2005 dans Current Affairs | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Il est sociologue
et a enseigné à la Sorbonne. Je viens de relire son livre publié en 1997 par Odile Jacob: "La richesse des hommes, vers
la société quaternaire"
Très bien
documenté et très clair il résume ce que l'on sait ou ce que l'on pressent et
qu'aucun gouvernement ou syndicat n'ose dire tout haut: la démographie, la
concentration des grands conglomérats, la pression de la concurrence au niveau
mondial, alliées à l'automation et aux nouvelles technologies qui remplacent
les personnes même dans le seul secteur susceptible de se substituer à
l'industrie: le secteur des services, éliminent ou réduisent graduellement
l'emploi, invention de la révolution industrielle.
Dans le meilleur
des cas peut-être 50 ou 40% de la population active pourra trouver de vrais
emplois à condition de ce recycler régulièrement ou de céder la place à
d'autres mieux préparés et plus jeunes.
Mais Roger Sue
nous offre une autre pièce du puzzle: la société quaternaire.
Par ce terme il désigne surtout la création d'information et de services et par
là de vraie richesse que constitue l'activité volontaire ou solidaire dans ce
secteur non marchand qui n'à pas encore acquis droit de reconnaissance auprès
de la plus part des économistes traditionnels et du système monétaire et
financier. Il démontre avec données à l'appui, que ce secteur, souvent subsidié
dans le cas d'associations et de ONGs, parce que pas considéré comme ayant
droit à la valeur attribuée par le marché aux mêmes activités dans le cadre de
contrats formel d'emplois, et le reste du temps non rétribué parce que
considéré comme volontariat, apporte en France plus de richesse que tout le
secteur marchand. De plus, il nous explique que de par l'apport et le partage
de connaissances et de services a valeur sociale, ce secteur quaternaire
contribue fortement à alimenter le secteur marchand, lui fournissant
compétences, liens sociaux et compléments de services indispensables a la
stabilité du système.
Il termine en
parlant des monnaies alternatives comme moyen de faire "affleurer" ces
richesses et de leur donner la place qu'elles méritent dans une vraie économie
et écologie, ce qui n'est pas du tout le cas de nos comptabilités nationales.
Toutefois il ne va pas aussi loin que Bernard Lietaer, car ce n'est pas l'objet
de son livre, dans la recherche d'une solution passant par l'intégration des
monnaies alternatives dans le système monétaire international. Il ne s'agit
donc pas de revenir à
Ce livre mérite
d'être lu et médité. À l'époque ou je l'ai lu la première fois j'étais encore
en Espagne et j'ai bien regretté qu'il n'ait pas été traduit. Cela nous aurait
évité bien des confusions dans l'interminable débat sur l'avenir du télétravail
comme solution pour créer de l'emploi, ce qui n'à guère été le cas
Les monnaies
alternatives ou complémentaires et systèmes d'échange libre gagnent partout du
terrain, péniblement et par absolue nécessité dans bien des cas. Le mérite de
les considérer scientifiquement comme une part fondamentale des corrections à
apporter aux manques toujours plus graves du concept du marché, revient à
l'auteur du "Future of Money" qui, selon le site de Jean Noubel sera bientôt disponible en Français.
1) Le
Thème du changement de paradigme revient de plus en plus souvent et cette fois
ce sont des gurus et des leader du monde de l'entreprise et de la finance qui
osent se manifester à partir de l'intelligence émotionnelle, sans pour autant
abandonner la rigueur et le réalisme. (Peter Senge, Ray Anderson, Bernard
Lietaer)
2) Le
système monétaire dans lequel nous vivons et que nous tenons pour évident ou
tout au moins "incontournable" (pour utiliser la langue de bois)
n'est pas le seul possible et n'a pas toujours été le même au cours de notre
histoire. Ses effets sur le type des relations économiques et sociales sont
beaucoup plus puissants que nous le croyions. Enfin il est totalement déphasé par rapport à ce que l'on sait aujourd'hui
sur la nature des systèmes complexes et de leurs mécanismes de régulation et
d'équilibre (homéostasie)
3) La
nature n'attendra pas, et les dégâts causés par cette économie de fuite en
avant basée sur la croissance et sur l'exploitation de ressources non
renouvelables finiront par coûter beaucoup plus cher que tout ce que nous
pouvons attendre de la surexploitation de ces ressources ou de nouvelles
technologies visant à augmenter le rendement et de là à retarder l'échéance.
4) Les effets
pernicieux moins visibles, l'appauvrissement du tiers monde et même des classes
moyennes du monde privilégié, vont de la destruction des ressources et mode de vie de nombreuses régions du globe
a celle de la biodiversité. La substitution brutale d'économies et de modes de
vie traditionnels de nombreux peuples par la mainmise sur la scène mondiale de
très grands groupes apparaissant de plus en plus comme de nouveaux monopoles.
5) Nous
sommes dans une soi-disant société de l'information dans laquelle les mots qui
portent les concepts se sont éloignés progressivement de la réalité par un
mécanisme d'abstraction et de "marketing verbal" qui conduit à la
pensée unique. L'usage de nombreux termes en dehors de leur contexte respectifs
et même souvent en contradiction avec d'autres termes qu'on leur associe, nous
fait accepter des "vérités" contraires à l'observation des faits
6) Au
lieu de lutter contre le système actuel, certains proposent de le modifier en
partant de ses fondements et en s'appuyant sur les structures qui paraissent
être parmi les principaux agents de son dérèglement: les grandes entreprises et
le secteur monétaire. Cela me parait intelligent et d'ailleurs nombreux sont
déjà les esprits critiques au sein même
de ce système. En même temps les "créatifs culturels" représentent
déjà plus du quart de la population, tout au moins aux USA. Cela ne devrait pas
en être très loin en Europe si l'on approfondit l'analyse des débats sur le oui
ou le non pour la constitution, indépendamment du discours des partis.
Je suis à présent dans la lecture de "The Evolution of
Co-operation" de Robert Axelrod et de "Neighbor Power" de Jim
Diers. Je compte sur eux pour me donner d'autres pistes de ce qui est encore
possible. Après je lirai "In the Bubble" de JohnTackara. J'en meurs
d'impatience.
juin 15, 2005 dans Current Affairs | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Parler de
l'absence d'une action Européenne très claire et beaucoup plus centrée sur le
sauvetage de la planète comme préoccupation sous jacente et motivation du
désenchantement qui s'est exprimée par le "non", risque de m'attirer
de dures critiques. On m'objectera que le problème de l'emploi est un objectif
actuel et permanent, non pas à 10 30 ou 50 ans comme les problèmes du
réchauffement, mais bien dans l'immédiat.
Avec raison.
Mais ce problème
contre lequel luttent tous les gouvernements, syndicats, patronats ou
associations, ne trouvera pas de solution durable dans le modèle économique
actuel. D'un coté les licenciements dans les grandes entreprises qui en outre phagocytent
les petites et moyennes pour en suite automatiser et informatiser en éliminant
du personnel, de l'autre le problème de l'épuisement des ressources non
renouvelables, l'augmentation des coûts avec la concurrence globale et la
croissance des nouveaux pays industrialisés.
À cela s'ajoute
la bombe démographique, l'appauvrissement des pays riches, la marge d'action de
plus en plus limitée due au cercle vicieux: chaumage - augmentation des coûts sociaux – perte de
pouvoir acquisitif des classes moyennes – moindre consommation – moindres
rentrées fiscales.
Même si la
croissance pouvait continuer indéfiniment ce qui n'est pas le cas, et si on
pouvait relancer la demande et la croissance avec des politiques monétaires, on
ne voit guère la possibilité de diminuer les taux d'intérêt qui n'ont jamais
été aussi bas, ou d'augmenter la dette publique qui n'à jamais été aussi élevée.
Pour relancer les
grands projets genre "New Deal", qui créent de l'emploi avec un
minimum de crédibilité, il faut en même temps emprunter à l'avenir tout en
produisant des économies pour ne pas augmenter la dette, et même des gains
réels pour la réduire graduellement. Ces politiques adoptées pour sortir de la
crise de 1929 ne sont plus possibles dans la situation actuelle sans
compromettre irrémédiablement le sort de la planète.
Une seule
politique, courageuse et très osée, permettrait aujourd'hui de concilier ces
objectifs apparemment opposés - croissance et durabilité: une recherche massive,
un effort global pour substituer toutes nos technologies et processus actuels par de nouvelles technologies et
processus basés sur les mécanismes naturels tels que la photosynthèse, les
fermentations, les mécanismes bactériologiques, les matériaux de synthèse
obtenu avec des procédés "doux" et des augmentations exponentielles
de rendement, un design basé sur la réintégration de toutes les interventions
humaines pour en faire un continu ou tout est recyclable et source de matières
premières et de rendements aux différends niveaux successifs d'une économie .écologique
et globale sans laissés pour compte.
Les nouveaux
emplois issus d'une telle politique de reconstruction seraient infiniment plus
gratifiants, humains, crédibles et rémunérateurs pour la communauté. Les
économies et les gains de productivité relanceraient une activité économique durable
tout en préservant notre milieu naturel et sans devoir revenir en arrière,
c'est-à-dire à ce "bon vieux temps" qui n'était pas toujours si bon,
ni même si vieux, puisqu' on en maintient obstinément la plus part des
croyances et concepts tout en présumant de modernité.
juin 03, 2005 dans Current Affairs | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)