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juin 2006

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L'Inceste Mentale

J'ai trouvé cette jolie formule sur le site du Kaos college de Aarhus au Danemark:

Nous nous étions posé cette question sur notre Forum en Espagne il y a déjà une dizaine d'années: Si l'apprentissage tacite se fait en société et s'il est réellement la part la plus importante des connaissances que nous mettons en œuvre au cours de nos vies, ne serait-il pas intéressant de penser à des classes mixtes, tant en ce qui concerne l'age des participants, que leurs compétences, disciplines, carrières etc.? Car c'est bien entre enfants, adultes, grands parents, amis et voisins de tous niveaux de formation que la part la plus importante et la moins consciente de notre éducation se construit. (voir http://www.kaospilot.dk/docs/CompetenceEnvrionments.asp) 7ème point des factuers décisifs pour l'environement créatif.

Uffe Ekbaer la géniale fondatrice du Kaos Pilot pour former de jeunes entrepreneurs utilise cette métaphore pour justifier la "mixité" (un néologisme politiquement correcte!) des disciplines des étudiants sélectionnés pour ces programmes de formations de trois ans. Donc un mélange voulut de carrières. C'est à dire encore toujours la jamm session ou l'orchestre de jazz ou chacun apprend des autres tout en leur enseignant quelque chose d'unique.

Je pense en effet avoir été victime de cette inceste mentale dans l'école de mon enfance. Ce n'est plus tellement le cas aujourd'hui, mais malheureusement la mixité est advenue  sans le vouloir ce qui est dommage car on n'a pas su en reconnaître le potentiel éducatif pour l'exploiter consciemment.

Les résultats obtenus par le Kaospilot sont surprenants pour ceux qui craignent toute atteinte aux bons principes établis de l'éducation traditionnelle.

 Comme par hasard - le hasard existe-t-il réellement - j'ai été invité sur Skype à inclure un nouveau contact. Il s'agissait de quelqu'un que j'avais connu il y a une dizaines d'années et qui, ayant trouvé mon nom sans savoir trop bien me situer, souhaitait reprendre le contact. Il s'occupe d'un intéressant projet pour le jumelage des écoles Européennes:


 Ces échanges qui renforcent le programme Erasmus et la multiplicité des expériences sont une bonne manière de faire l'Europe de demain dans laquelle la richesse des cultures et des langues sera un véritable trésor si nous savons le voir comme un actif, et non comme un passif.

 

 

The rat race

The trouble with the rat race is that even if you win, you're still a rat. (Lily Tomlin)

Ce n'est pas mon intention d'utiliser cette citation contre qui que ce soit, PDG ou autre, mais plus tôt pour revenir sur le problème de notre système actuel.

Dans "quoteaday","newsletter" de http://charityfocus.org j'ai trouvé cette citation de l'actrice Lily Tomlin qui caractérise bien une société excessivement compétitive. Charityfocus publie régulièrement l'histoire de personnes qui ont renoncé à un train de vie très élevé pour réaliser leur passion.

Comme Mark Albion qui a abandonné une carrière brillante dans plusieurs multinationales pour, après plusieurs essais infructueux, réussir à pratiquer une activité économiquement rentable, tout en cherchant à améliorer le système. Il a donc créé You & Co pour sélectionner des jeunes "master" pour des sociétés socialement responsables. Cette activité de recrutement s'appelle "Heart Hunters". Pas mal non?

Pour cuex que la "realpolitik" impressionne encore, cette page sur la réalité: http://www.quotationspage.com/subjects/reality

Un ami, Fernando Elzaburu, avait coutume de dire: "La véritable utopie est de croire que tout pourra continuer de même". Ce préambule pour dire que les paris sont ouverts entre ceux qui croient en un avenir toujours plus compétitif basé sur un Darwinisme de la survie du plus fort qui est une lecture caricaturale de ce que Darwin a dit, et ceux qui s'attendent à un changement de paradigme.
Les grandes chaînes de distribution ne sont pas parmi les entreprises les plus créatives et leur réputation a été plus tôt ternie dernièrement. C'est un secteur  parmi les plus compétitifs dans lequel la lutte est sans pitié. La question est de savoir si elles contribuent à une économie durable et créatrice d'emplois dignes de ce nom, ou si elles sont et doivent rester des actions très rentables dans le grand casino boursier qui ne pourra durer indéfiniment.

Naturellement pour triompher dans ce domaine, il ne faut pas être un  agneau; il faut même avoir une faim de loup, mais je veux croire que le seul futur possible est essentiellement créatif et solidaire.

Le dernier film de Costa Gravas, la pièce de théâtre sur la "méthode  Grondhölm" qui triomphe à Barcelone, un filme Belge vu récemment et dont j'ai oublié le titre (qui raconte l'histoire d'un jeune consultant impliqué malgré lui dans une opération de restructuration sauvage, et qui finit par écahnger sa conscience pour rentrer dans l'ordre établi, abandonnant sa petite amie trop idéaliste), le livre du sociologue Espagnol Iñaki Piñuel sur les dirigeants toxiques et leurs victimes, ainsi que l'abondante littérature sur le stress en entreprise et sur le harcèlement et le "mobbing" semblent indiquer que ce modèle prédateur pourrait passer de mode pour être remplacé par une autre "réalité" quelle qu'elle soit.

Puisqu'en fait toutes ces réalités ne sont que des croyances passagères au cours de notre histoire, ne serait-il pas plus utile d'en pratiquer d'autres, plus humaines et plus réjouissantes?

Un vrai PDG

Je viens de voir une brève entrevue de Pierre Bilger à la 2ème chaîne au sujet des indemnisations reçues par des PDG de multinationales et celle récente du patron d'une grande chaîne de distribution. Mr. Bilger, que nous avons pu entendre sur les coulisses des Blog expliquer avec une très grande modestie les raisons pour lesquelles il s'était joint à cette famille nombreuse, a, comme on le sait, eu l'élégance et la dignité de ne pas accepter une somme de 4  millions d'Euros je crois, lorsqu'il a quitté Alsthom. C'était, entre autres raisons a-t-il dit, pour conserver l'estime de ses collaborateurs qui eux n'avaient pas droit à de telles dédommagements pour la perte de leurs emplois. 

Monsieur Pierre Bilger fait honneur à ce que devrait être la nature des grands dirigeants dans un système de libre entreprise digne de ce nom. Ses convictions nous aident à croire en ce système. C'est malheureusement un exemple assez rare. 

D'autres qui ne méritent guère d'être mentionnés, acceptent des sommes neufs fois plus élevées ou encore d'avantage, après avoir accepté de se retirer d'une entreprise en crise alors que de très nombreux travailleurs perdent leur emploi et de nombreux actionnaires une partie de leur épargne.

 Le prétexte souvent utilisé pour justifier cette situation est de se comparer à des stars du sport ou du spectacle qui atteignent des niveaux encore plus spectaculaires de revenus. On peut se demander si les grands groupes sont devenus des spectacles de masse ou des jeux sportifs au lieu d'être des centres d'activité qui affectent directement de nombreuses vies.

L'autre justification est l'importance de leurs responsabilités, les énormes contrats signés, les taux de croissance etc. Ils oublient naturellement qu'ils ont touchés des salaires très élevés en relation avec leurs obligations. Mais qu'advient-il  quand ces indemnisations sont le fait de restructurations et de situations désastreuses qui affectent de très nombreux collaborateurs? Ces patrons ne sont plus responsables, c'est la crise qui a causé les dégâts. Quant à eux ils gagnent à tous les coups, laissant ainsi aux autres les pertes. Ils ont adoptés les systèmes de somme plus petite que zéro. Non pas "je gagne/tu perds" comme c'est le cas des systèmes de somme zéro, mais bien "je gagne beaucoup/vous perdez bien d'avantage". En fait toute la société est perdante. Les trous s'accumulent et il ne se passe rien. Sauf que la confiance, base indispensable de la société et de l'économie, se réduit.

Indépendamment des sommes exorbitantes et dénuées de toute mesure perçues, le manque total de responsabilité est particulièrement choquant. Ne serait-il pas logique que face à de tels gains quand le patron mène bien la barque, il doive s'engager à accepter des pénalités lorsqu'il se démontre incapable d'éviter le naufrage. Où est le temps où les capitaines d'industrie étaient les derniers à quitter le navire acceptant souvent de couler avec lui?

Et quelle loyauté peut-on espérer des marins lorsque le capitaine se sauve en hélicoptère dans la tempête?

 Monsieur Bilger a toute mon admiration, et j'aimerais savoir ce que vous en pensez