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août 2007

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La dette publique

La France en Faillite

Sous le titre de «La France en Faillite la Cinq émet encore une fois un intéressant débat. On notera toutefois l’absence presque totale de questions des téléspectateurs. Le débat se déroule entre experts très souriant et assez imbus de leur niveau de préparation, vis à vis d’un public ignorant.

Les politiciens français n’échappent pas d’avantage à la critique de nos experts. Malheureusement tout le débat repose sur des statistiques et des indicateurs dont on sait qu’ils ne représentent plus guère la mesure des richesses produites par le travail des citoyens. Le sacro-saint PIB est brandit sans jamais être remis en cause. Les indicateurs du PNUD et autres ne sont jamais mentionnés. Tout est basé sur un thermomètre qui ne mesure plus ce pourquoi il à été créé autrefois et dans un monde très différent.

Un journaliste brillant et très sur de son fait déclare avec candeur que “aujourd’hui tout le monde est endetté” La dette est une bonne chose! Il mitige toutefois cette déclaration peremptoire en distinguant deux sources d’endettement: Les dépenses courantes et l'investissement. "La dette est mauvaise pour les premiers et bonne pour les seconds". Le raisonnement se base sur la fameuse “mondialisation” phénomène imparable, même si l’on n’entre pas dans la question de savoir s’il est bon au niveau de l’économie et la planète.

L’argument souvent utilisé de “c’est bon puisque tout le monde le fait” est un peu faible. On ne se pose pas un instant la question de savoir si la mondialisation n’est déjà pas en train de céder la place à un autre modèle économique car elle semble condamnée, dans certains de ses fondements et mécanismes, entre autre par la fin du pétrole et par l’éveil tout récent des pays endettés vis-à-vis des stratégies du FMI et de la Banque Mondiale.

Pour en revenir à la distinction entre dépenses et investissements on présente ensuite l’Education Nationale comme une dépense, pas comme un investissement. Ceci ne manque pas d’ironie quand on est dans la société de la connaissance et de l’information!

Rappelons l’expression américaine : «Si vous croyez que l’éducation est coûteuse, essayez l’ignorance »

Très pertinent la question du rendement de l’effort éducatif, mais pourquoi parler de rendement de la «dépense» et pas de «l‘investissement» ?

Manifestement nos «experts»s nagent avec dextérité dans la confusion.

Naturellement la croissance est la solution proposée. Mais pas de définition de cette croissance. Le mot magique (qui ne dit plus rien) est prononcé comme la solution indiscutable.

Enfin une question d’un (ou de nombreux téléspectateurs ?) est habilement esquivée : Question : « à qui profite la dette ? Aux banques ? » Réponse: La gestion de la dette de l’état n’est pas très rentable pour ces dernières. Alors d’où vient la spirale du surendettement des états? L’absurdité de devoir s’adresser à des organisations privées pour créer la monnaie nécessaire au bon fonctionnement de l’état n’est pas un instant soulevée.

Personnellement j’ai l'impression d'avoir assisté à un spectacle d’échanges d’égos entre personnes adultes parlant de choses très graves avec des grands sourires d’experts pour qui ces questions sont des jeux d’érudition, incapables de sortir du carcan des idées reçues dans un cadre qui n’est jamais remis en question. Ce qui produit naturellement des raisonnements tautologiques et des prophéties qui s’accomplissent par le simple fait d’y croire avec une foie presque mystique.

On lira avec intérêt l’excellent livre de Patrick Viveret. «Reconsidérerla Richesse» Ce livre est la conséquence d’un rapport commandé par un secrétaire d’État à l’Économie Solidaire, rapport qui dort dans quelque tiroir de l’administration et qui n’à même pas fait l’objet d’un débat public.

On aimerait savoir si nos « experts » de l’émission de la Cinq le connaissent, ou en ignorent l’existence, ou le considèrent comme une utopie qui ne mérite même pas d’être mentionnée en tant qu'apport pour un vrais débat.

J’ai trouvé cette émission assez décevante par rapport à d’autres débats beaucoup plus profonds sur des questions qui nous affectent, à tous les citoyens.

Or la question des monnaies et de la financiarisation toujours plus accélérée de l’économie sont absolument centrales si l’on veut éviter la grande crise qui s’annonce.

Peu importe que les causes de cette crise soient monétaires, comme le prédisent certains, écologiques comme le pensent d’autres, ou sociales et démographiques ou enfin un mélange des ces menaces qui ne cessent de grandir. Ce n’est pas en restant dans une logique vieillie, démodée et plus du tout en relation avec le monde réel que l’on pourra l’éviter, ou la résoudre au niveau «micro» de la discipline économique, alors qu’elle se joue au niveau « macro » de la planète.

 

DADVSI

Voir sans faute l'article de l'Atelier sur le prochain débat du 7 mars. L'ancien régime se defend bien avec des moyens plustôt coûteux: un site de 180.000 euros!

Loi DADVSI

Ce projet de loi (Droits d'auteurs et droits voisins dans la société de l'information) fait suite à l’énorme bévue de Sony. On se rappelle que cette société autre fois légendaire pour se créativité, a récemment vu son image ternie auprès de millions d’internautes suite à l’insertion d’un logiciel dans des CD sensé protéger les contenus, lequel logiciel s’installait sur le PC de l’utilisateur sans sa connaissance.

La nouvelle, reproduite instantanément dans la Blogosphère a coûté à SONY BMG une partie de son goodwill en même temps qu’une fortune en rappel de ces CD et en baisse de ventes. En outre Sony BMG a reçu le prestigieux prix « I am with stupid » décerné par Robert X. Cringley, prix destiné à la plus grande stupidité de l’année.

Avec la loi DADVSI il semblerait que certains membres du gouvernement continuent à ignorer le coût, politique cette fois, de méconnaître les nouvelles réalités de la société de l’information ainsi que les ajustements nécessaires quant aux mesures concernant la reproduction instantanée, les logiciels libres, le P2P et la protection des droits d’auteurs.

Les menaces de sanctions graves face aux nouvelles données du problème de la transmission des connaissances et des contenus sur Internet ne feront qu’inciter les citoyens à la désobéissance civile, si la question n’est pas traitée en profondeur et après un débat avec tous les intéressés et pas seulement sous la pression de grands lobbys.

Les réactions ne se sont pas fait attendre et le site eucd.info a recueilli en quelques jours plus de 130.000 signatures pour une pétition concernant cette loi malencontreuse.

En ce qui concerne la perte progressive de nos libertés, suite au changement de paradigme que les gouvernants se refusent à approfondir dans toutes ses conséquences positives ou négatives, (Réchauffement global, Terrorisme, Piraterie Informatique, Réappropriation de l’information par les particuliers, Manifestations de masse contre les mesures prises par L’OMC ou le FMI et la Banque Mondiale etc.) ceux qui ne se sentent pas encore concernés feraient bien de se souvenir du poème attribué à Martin Niemöller :

First they came for the communists, and I did not speak out—
because I was not a communist;
Then they came for the socialists, and I did not speak out—
because I was not a socialist;
Then they came for the trade unionists, and I did not speak out—
because I was not a trade unionist;
Then they came for the Jews, and I did not speak out—
because I was not a Jew;
Then they came for me—
and there was no one left to speak out.

Hong Kong, OMC et PAC

La politique agricole

Via Campesina    qui représente les petits agriculteurs alter mondialistes conclut, au terme de la réunion de Hong Kong, que la politique de l’OMC est un échec, et que cette organisation ne permet pas le dialogue démocratique. Plus de 1000 manifestants représentants les petites exploitations familiales de nombreux pays ont été arrêtés au cours d’une manifestation pacifique, ce qui fait dire aux organisateurs que l’Organisation Mondiale du Commerce a besoin de moyens forts pour continuer son œuvre de destruction sociale, loin de tout débat public.

Le problème de fond de l’industrialisation de l’agriculture n’est pas celui de la productivité et des coûts. On sait par ailleurs que les subventions à l’agriculture vont en majorité aux grandes exploitations et que quelques multinationales contrôlent déjà le 80% de la distribution de denrées de base telles que le blé, le riz, le soja ou le coton. La disparition progressive de millions d’exploitations familiales avec la réduction de l’emploi dans le secteur agricole, présentée depuis des décennies comme la tendance inévitable du progrès et du développement, ne serait-elle pas une de ces prophéties qui s’auto accomplissent (self fulfilling prophecies) plus tôt qu’un fait dans la nature des choses?

À tant se convaincre que la réduction de la participation de la population active dans l’agriculture d’abord, dans l’industrie ensuite, était signe de progrès dans les pays développés, on a peut être jeté le bébé avec l’eau du bain. Les problèmes de la vache folle, des poulets à la dioxine et aux hormones, ainsi que les épidémies qui exigent de sacrifier des milliards de volailles ou de porcs dans les élevages intensifs sont, au même titre que les problèmes de l’usage massif des insecticides et des engrais chimiques, à mettre sur le compte de l’absurdité de vouloir ramener la nature à une autre activité industrielle.

Mais au delà de la disparition de ces petites exploitations qui affecte tout une économie complémentaire locale ainsi que le maintien du milieu naturel (biodiversité), ne perd–t-on pas également du lien social dont la valeur n’entre jamais dans nos systèmes comptables ? (Ces « externalités » et de plus « intangibles »)

Cathy Reilly, une journaliste du site HappyNews raconte comment, suite au décès accidentel du père de famille d’une ferme de l’Ohio, une quarantaine d’agriculteurs voisins sont venus avec leur matériel pour faire la récolte du maïs dont la subsistance de cette famille dépendait.

Ce qui donne à penser, c’est le commentaire du frère du mort, ex-homme d’affaires qui observe que les gens qui ne connaissent pas le mode de vie de la paysannerie peuvent être surpris par cette solidarité qui fait partie de l’éthique de vie et de travail de ces régions. Ayant grandi lui-même dans ce milieu il se souvient des liens étroits de ces communautés :

“ Les liens au sein du groupe tels que les objectifs et valeurs partagées sont le tissu d’une communauté prospère. En tant que nation, certains problèmes dans nos cités sont à mettre au compte de la disparition de ces liens; mais pour ceux qui vivent dans les zones urbaines, et qui ne connaissent souvent pas le prénom de leurs voisins de palier, cette histoire est bien surprenante. C’est un parfait exemple de la théorie du capital social dont la valeur n’a guère changé dans ces communautés d’agriculteurs ajoute–t-il”

À méditer au vu des récents troubles dans les cités. (Voir également le site des AMAP)

 

 

Terrorismo suicide 2

Un article récent sur le site de la BBC reprend ce thème. Sans citer les livres de Roger Luyckx ou de Robert Pape, l’auteur de l’article analyse le phénomène des femmes qui se suicident armées de bombes personnelles. L’auteur fait remarquer que cette pratique qui se généralise ne cadre pas avec les principes de l’Islam et de al-Quaeda qui relèguent en général la femme au rôle d’épouse fidèle et de mère de combattants mâles.

Il met également en évidence le fait que une proportion importante de ces femmes terroristes suicides ne sont pas des islamistes ou ne sont pas motivées par des croyances religieuses. Elles ont en commun le fait d’être des membres de nations ou d’ethnies qui revendiquent la liberté ou l’indépendance de leurs territoires ou qui réagissent face à des injustices et souffrances imposées par des armées de puissances étrangères.

Le titre de l’article de Neil Arun « Women bombers break new ground » indique bien que le phénomène du terrorisme suicide, loin d’être une action provoquée par des croyances religieuses de nature fondamentaliste, tend à se répandre partout où des forces occupantes très supérieures en nombre et en armement maintiennent des minorités dans la marginalité ou occupent leurs territoires. 

L’auteur cite également l’assassinat de Rajiv Gandhi. On pourrait également parler du cas des indiens au Pérou « suicidés » par l’ex-président Fujimori lors de la prise d’otages à l’ambassade de Suisse. Les femmes étaient également armées de bombes personnelles.

Bref, les conclusions du Professeur Pape semblent se confirmer : les forces armées puissantes occupant des territoires étrangers au nom de la guerre au terrorisme, loin de le contrôler, ne font que le transformer et l’amplifier.

 

Terrorisme suicide et religions

Je lis deux livres simultanément (cela m'arrive) Ils ont tout deux quelque chose d'important en commun. 

Ils contredisent la tendance qui voudrait opposer l'Islam au monde occidental sous le prétexte du fondamentalisme religieux de celui-ci face à la tolérance de nos démocraties. Le premier livre que je relis après un an et demi est publié par l'Harmattan, auteur Marc Luyckx Ghisi, préface de Ylia Prigogine. Il est absolument d'actualité.

Il s'agit d'une enquête menée par ce penseur, docteur en théologie et ex membre de la Cellule  de prospective de jacques Delors.

Dans "AU-DELÀ DE LA MODERNITÉ, DU PATRIARCAT ET DU CAPITALISME", l'auteur explique en des termes très simples et avec des tableaux comparatifs les changements de paradigme. Il parle de la pré-modernité, de la modernité et de la trans-modernité qu'il préfère au terme de post-modernité.

Au cours de la rédaction d'un rapport pour 
la Commission européenne sous la direction de Ricardo Petrella (Programme FAST) intitulé "Les religions face à la science et la technologie, Églises et éthiques après Prométhée", Marc Luyckx explique que, partant de la notion généralisée des différences fondamentales entre les grandes religions, catholicisme, protestantisme, judaïsme, islam et les humanistes, son postulat de départ s'effondre à mi chemin. Cas il découvre bien vite que certains catholiques tiennent les même propos presque mot à mot que des juifs ou des protestants et des membres des autres religions sur des thèmes comme l'avortement ou l'accès des femmes aux gouvernements. Il s'agit de manières de penser communes exprimées parmi des interprétations très différentes.

Les différences entre ces religions sont moins importantes que les différences d'interprétations au sein même de chacune d'elle. Ceci amène l'auteur à postuler et appliquer pour la première fois aux religions l'approche d'un changement de paradigme horizontal et commun à chacune d'elles.
Il cite de nombreux exemples de fondamentalisme tant chez les catholiques que les protestants, juifs ou musulmans mais aussi de nombreux exemples de tolérance et de désaccord sur les mêmes thèmes dans chaque communauté religieuse. 

Bref ce que l'on voudrait nous faire croire au sujet d'une lutte entre religions ne correspond pas aux douleurs de la naissance du nouveau paradigme qui les affecte toutes également. Ce livre est clair écrit pour tous les lecteurs concernés par les nouvelles guerres de religion que l'on tente de justifier sur la base des croyances de ces différentes cultures.

Le deuxième livre touche un aspect particulier de ce danger, le terrorisme suicide imputé à la religion islamique. L'auteur Robert A. Pape est professeur associé de Science politique à l'université de Chicago. Il analyse tous les actes de terrorisme avec suicide et démontre, statistiques à l'appui, que les causes sont bien plus politiques que religieuses et certainement pas la conséquence que l'on attribue aux "fous de dieux" islamistes. Las Tamils du Sri Lanka ne sont pas musulmans et une majorité d'actes terroristes suicides liés aux problèmes du proche orient sont le fait de mouvement laïques. Robert Pape démontre aussi que dans pratiquement tous ces cas la cause principale est toujours, soit l'occupation d'un territoire par une puissance étrangère, soit la revendication de l'indépendance d'un territoire par une majorité ethnique d'habitants. 

"DYING TO WIN" analyse les stratégies de cette forme de terrorisme et prévoit une généralisation dans d'autres cas d'occupation de territoires par des puissances étrangères bien supérieure en armement. Une simple analyse des résultats de ces stratégies obtenues par des mouvements plus politiques que religieux conduit les idéologues et chefs de guerre à adopter les attaques suicides qu'aucune occupation de territoire ne saurait éviter ni réduire, bien au contraire n'en déplaise à Tony Blair et à George Bush.

La leçon que j'en tire est qu'il serait bien dangereux de simplifier ces problèmes en mettant très superficiellement tout sur le compte de phénomènes d'origines religieuses et de confrontation entre grandes civilisations. Rappelons que des jeunes stratèges du Département de la défense Américain s'opposent aux guerres de territoires (en tant que guerres de troisième génération), inutiles ou même à effet contraire pour lutter contre des stratégies de quatrième génération qui sont celles que développent des stratèges de la guerrilla et du terrorisme.

Brevets abusifs

Je reçois un message pour un vote qui concerne la dangereuse tendance des brevets abusifs. Les sites à visiter sont pour voter:
http://www.nosoftwarepatents.com/en/m/ev50/vote.html 

l'explication préalable:  http://wiki.ffii.org/Sejm050216En  

Si ces législations concernant les brevets de logiciel qui mettent en danger toute la communauté des logiciels libres passent "en douceur" notre seule défense sera la désobéissance civile. Heureusement il est encore temps d'agir. Si vous avez des doutes vous pouvez également visiter le blog de Laurence Lessig et même faire une donation pour aider cet infatigable défenseur de nos libertés.


 

 


 

Le Nobel d'économie

 Intelligence collective et coopération

Le Nobel d'économie 2005 rapproche cette science du social, en ce sens qu'il prime le travail de deux chercheurs dans le domaine de la théorie des Jeux développée par Von Neumann durant la 2ème guerre mondiale pour étudier les conflits et la coopération.

Le travail en équipe et le partage des connaissances sont très à la mode. On en parle beaucoup mais on ne les met guère en pratique dans les entreprises.  

L'étude des conflits et des problèmes de la coopération devient une priorité pour l'économie de l'information. Elle dépend en effet de l'intelligence collective et du partage des connaissances, seules solutions viables devant le changement et la complexité.

 Les implications économiques de la coopération, particulièrement là où elle a le plus de chance de fonctionner c'est-à-dire au niveau local et au sein de petites communautés, comme le démontrent les recherches de l'un des Nobel, Robert Aumann, rejoignent le "Small is beautiful" de E.F. Schumacher.

La scission entre le mondialisme et l'alter mondialisme, l'un axé sur les économies d'échelle du gigantisme unifié et sur les bienfaits de la compétition et de la concurrence, l'autre sur la coopération locale et la richesse qu'elle procure et qui constituent la richesse mondiale à partir du partage des connaissances, s'explique par ces deux visions pas nécessairement opposées, mais généralement perçues comme telles dans notre paradigme qui n'a pas encore dépassé le manichéisme du "pour ou contre".  

La coopération vue sous l'angle économique nous ramène au social comme source de la richesse. C'est le gagnant/gagnant qui correspond aux nouveaux moyens disponibles grace au réseau mais encore très peux utilisés à partir des anciens repaires de la pensée économique.

Ce Nobel est un  beau cadeau pour  le projet TP-TS entre autres projets axés sur la coopération. Il arrive à point pour mon Puzzle dont le livre de Axelrod était une des pièces importantes.

J'en profite pour faire une petite digression: Ce Nobel joint deux sciences, l'économie et la sociologie. Dans son dernier livre sur la coopération,  Axelrod observe que les circonstances lui ont permis de joindre trois disciplines. Je traduit ses mots:

"Á ce jour je constate avec joie qu'un spécialiste des sciences politiques a pu adapter un outil des sciences informatiques, et ce faisant, a pu contribuer à la biologie évolutive".

Le Nobel joint deux disciplines, Axelrod en joint trois, nous voila donc sur la bonne voie en matière d'intelligence collective et de coopération..

 

 

 

Le Piano ou le tabouret?

Les monaies (suite)

Le Financial Times, dans un récent article, nous explique que Bruxelles peine à faire respecter les normes sur le déficit budgétaire des membres de l'Union. En 2002 c'était le tandem Allemagne/France qui avait dépassé le seuil. Aujourd'hui ce sont 12 des 25 membres qui se retrouvent hors limite.

Le problème est-il d'approcher le piano, c'est-à-dire les 25 membres, au tabouret de la banque centrale, ou au contraire ce tabouret (la banque centrale et le carcan de Maëstricht) au piano?

Dès que la masse monétaire M1 (c'est-à-dire la monnaie émise) augmente pour faciliter les échanges, on nous agite le drapeau rouge de l'inflation. Mais le niveau d'endettement des états est-il une bonne mesure pour contrôler ce fléau?  Le vrai problème ne serait-t-il pas plus tôt celui de mesurer le rapport entre le degré de l'activité économique et la masse monétaire émise hors crédits qui permet les échanges, et d'ajuster cette masse aux volumes des échanges, comme l'explique très bien A.J. Holbecq dans une série de documents sur la monnaie.

Faudra-t-il que l'ensemble des pays de l'Union dépasse le seuil pour repenser le rôle de la Banque Centrale, en définitive, positionner le tabouret par rapport au piano et non l'inverse?

La vraie question est de savoir si les dogmes établis il y à plus d'un siècle sur la finance et les questions monétaires vont pouvoir se maintenir inamovibles face aux nouvelles connaissances et moyens survenus depuis leur établissement. Car il faut beaucoup de foi pour continuer à croire à ces dogmes à une époque où tout est en train de changer.

Le chômage et la crise

(Suite)

Voici donc ce que dit mon ami inconnu de l'île de Waiheke (Nouvelle Zélande), et ce que j'aurais aimé pouvoir exprimer avec la même clarté: 

"Dear Friends,

For the last 18 months in particular, but throughout my life in general, I have been searching for parts of the big picture jigsaw puzzle that would help me make sense of the world and how it works. Where the power structures are held now and where have they been in the past, what the key points of  leverage are for positive change, what are the likely outcomes if the present trends continue, why do we go to war, how are resources distributed, and many other such areas of interest.

This enquiry has led me to a wide range of information, from very many sources and through different mediums, and I feel quite at peace despite learning about many many "horrors" that are occurring in my world. One of the tools that I feel has some leverage is this one of complementary currencies. It seems that a small number of people hold (in my humble opinion) more power than is healthy, and some of these are proposing the establishment of a global currency. I sense that as in nature when one plant or animal species becomes dominant and threatens to choke out the healthy diversity of its ecosystem, it also starts to rot and decay or become diseased. This is the time when forms of life start to flourish and grow and the realm of trading systems.
All the very best,

James"

 
L'idée de l'image globale du Puzzle qui permet de se faire une idée de comment les choses se déroulent vraiment dans notre monde actuel est bien celle que j'ai essayé de présenter ici depuis le début. La recherche des pièces individuelles est la même. Enfin, le centre de l'image coincide: La dérive du système monétaire et ses conséquences sur la diversité de l'écosystème, tant économique que naturel, apparaissent comme l'origine. C'est aussi le message de Bernard Lietaer dans "the Future of Money" que je ne serais trop recommander de lire à tous ceux que la dure réalité des faits n'effraie pas trop.

Il faut absolument que je prenne contact avec James Samuel dans sa lointaine île de Waiheke.

(à suivre)